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Il y a 60 ans, les remontées mécaniques de la Sambuy ont vu le jour à une époque où l'or blanc devenait une manne pour les massifs y compris de moyenne altitude, car les taux d'enneigement étaient importants, en cm et en durée sur la saison hiver.
La création de la station a tout de suite généré des polémiques créant un climat délétère.
Gérées par la commune de Seythenex, le résultat de ces remontées mécaniques a toujours été déficitaire et la commune de Seythenex a vendu beaucoup de coupes de bois pour renflouer le budget, jusqu'à ce que l'ONF intervienne.
En 1989, la gestion est confiée à une SEM Société Economie Mixte (Collectivité et capitaux privés). Pour sauver la station, le maire de Faverges de l'époque (M. Dalex) engage la commune à entrer au capital de la SEM et réinjecte en 1992 1Million de Francs. Mais la société jette rapidement l'éponge car le déficit est récurrent.
Ensuite, le SIVOM (Syndicat Intercommunal à Vocation Multiple, ancêtre de la comcom) est créé avec une aide du département, mais très vite les autres communes retirent leur soutien financier.
2001 voit la création du SIVU Syndicat Intercommunal à Vocation Unique entre Faverges et Seythenex (donc uniquement pour gérer la station). Les contribuables des deux communes paient alors un impôt (comme celui de la taxe des ordures ménagères) à hauteur de 97% par les favergiens et de 3% par les Seythenayards pour alimenter les recettes et ainsi combler le déficit annuel.
Au moment de la fusion de Faverges et Seythenex en 2016, le SIVU est dissous. La gestion est alors confiée à la commune nouvelle de Faverges-Seythenex en régie municipale. La communauté de communes avait proposé de gérer La Sambuy mais le maire de Faverges de l'époque (M. Cattanéo) a refusé.
L'équipe municipale élue en juillet 2020 n'avait pas dans son programme la fermeture des remontées mécaniques de La Sambuy. L'analyse de la situation des budgets et du déficit récurrent de la régie interpelle et la question est posée : Que faire ? Au moins arrêter l'hiver en raison des problèmes d'enneigement et continuer l'été ?
L'équipe majoritaire était, dans une première approche, plutôt favorable au maintien de l'activité l'été. Pour prendre une décision documentée et raisonnable, une année avec 2 études et 5 tables rondes (avec la participation des socioprofessionnels, des citoyens et des acteurs locaux) ont été nécessaires.
Mais cette perspective s'est trouvée confrontée à la réalité des difficultés techniques, des contraintes de gestion, des coûts annuels d'entretien non compressibles, de structure et de personnel. Selon les techniciens, un fonctionnement seulement l'été impliquerait d'autres contraintes et difficultés (exemple : faire tourner le télésiège toute l'année pour entretien mécanique). Cela engendrerait des coûts de structure et de personnel toute l'année !
A cela s'est ajouté, la lettre du préfet nous rappelant la loi interdisant de verser une subvention pour combler un déficit structurel et récurrent à un SPIC (Service Public Industriel et Commercial) dont les recettes perçues des usagers doivent équilibrer les dépenses.
C'est ainsi que, à regret mais en choisissant une décision courageuse de gestionnaire, le conseil municipal a voté, à bulletin secret, l'arrêt des remontées mécaniques le 14 juin 2023.
2019 : emprunt de 400.000 € pour payer la "grande inspection" (fin de remboursement en 2035).
Obligatoire tous les 5 ans, l'inspection de sécurité aurait dû être à nouveau effectuée et financée en 2024.
| Année | Subvention par budget Ville |
Résultat budget Sambuy |
Déficit Sambuy |
|---|---|---|---|
| 2019 | 320 000 € | -7 097 € | 327 097 € |
| 2020 | 320 000 € | -97 380 € | 417 380 € |
| 2021 | 400 000 € | 185 405 € | 214 595 € |
| 2022 | 450 000 € | 70 971 € | 379 029 € |
| 2023 | 200 497 € * | -295 587 € | 496 084 € |
Sans compter tout ce qui était fait par la mairie imputé au budget général (gestion comptable, RH contrats et fiches de paie, appui services techniques, informatique, frais d'assurance) estimé à 80 000 € annuel.
En 2018, les gestionnaires de la station ont mis en place un contrat d'intéressement pour les salariés de la Sambuy (contrats de travail de droit privé).
Ce contrat prévoyait d'octroyer une prime basée sur le chiffre d'affaires ! Et non sur le résultat, comme pratiqué normalement en entreprise.
Dans le cas de la Sambuy, le directeur de la station, les agents permanents et saisonniers percevaient donc une prime calculée sur le chiffre d'affaires d'une activité systématiquement déficitaire, dont les pertes étaient financées par les fonds publics.
Accord collectif signé par le maire de l'époque monsieur Cattanéo en déc 2018 / page 6 § 7.2 (rappelons que de 2014 à 2020 l'adjoint en charge du tourisme et de la Sambuy était Mr Jean Louis MERLE).
Saison Hiver 2023 : Une activité partielle (chômage) a été sollicitée auprès de la direction départementale du travail pour la période du 22/02/2023 au 31/03/2023 pour 20 saisonniers.
A la fin de la saison Eté 2023, l'ensemble des agents permanents a été reçu plusieurs fois par la collectivité pour évoquer la suite. Concernant le directeur du site, compte tenu de son profil, il n'y a pas eu de reclassement proposé (fin de contrat de plein droit avec versement des indemnités de licenciement). Concernant les 7 autres agents permanents, la collectivité a fait pour tous des propositions de reclassement dans différents services de la mairie, sans perte de salaire; 4 agents ont refusé (fin de contrat de plein droit avec versement des indemnités de licenciement). 3 agents ont accepté et ont intégré l'effectif de la mairie.
Les remontées mécaniques fermées, le marché du démantèlement pouvait être engagé par les services et un cabinet d'études spécialisées afin de respecter la réglementation.
L'association T.E.P.S. conteste ce marché auprès du tribunal administratif et perd le procès. Elle engage alors un recours auprès du conseil d'État et est de nouveau déboutée.
Le démantèlement a démarré le 1er septembre pour une durée de 3 mois et devait donc se terminer au plus tard début décembre. Date butoir pour ce type de chantier en raison de l'application de la mesure de protection "Tétra lyre" au-dessus de 1600m imposée par la Mission Régionale d'Autorité Environnementale (MRAE), qui a délivré l'arrêté préfectoral d'autorisation environnementale et le PNRMB, prohibant les travaux à compter du 01/12/25.
Ce planning de chantier n'a pas pu être respecté. Les travaux ont été perturbés par des interventions malveillantes, des actes de sabotage délibérés. Notamment le vol d'un élément technique essentiel qui a nécessité un réapprovisionnement en Italie mais surtout un acte irresponsable qui a provoqué un arc électrique et fait courir un grave danger aux ouvriers sur le chantier.
Le chantier ne pourra reprendre qu'en fin d'hiver (fonte des neiges), pour les mêmes raisons de protection environnementale.
Nos opposants affirmaient que la fermeture de la Sambuy aurait des conséquences catastrophiques sur le tissu économique du territoire.
Une étude réalisée sur le territoire des sources du lac d'Annecy par le cabinet G2A (comme chaque année, ainsi qu'avant notre arrivée), présentée en conseil communautaire indique :
Concernant la fréquentation : on observe une progression l'hiver de 6 % depuis 2 ans (2023/2025). Cet hiver 2025/2026 à mi-février on observe encore une progression de 1.7% par rapport à l'hiver dernier.
Sur les dépenses touristiques : nous avons 9.4 % de dépenses des touristes de mai à octobre (= printemps été automne) en 2025 par rapport à 2024.
Par ailleurs depuis juin 2023, nous avons pu voir régulièrement dans la presse ou à la télé que nombre de stations de moyenne altitude rencontraient les mêmes difficultés de gestion : Abondance, Métabief, Le Grand Puy fermeture et démontage, Notre-Dame-du-Pré en Savoie, l'Alpe du Grand Serre en Isère, Le Tanet dans les Vosges, etc..
Pour les stations de basse et moyenne montagne, le ski alpin est une activité devenue incompatible avec les effets du changement climatique et la transition vers des activités compensatrices encore à trouver.
Dans son dernier rapport, la Cour des Comptes estime d'ailleurs que toutes les stations seront impactées à l'horizon 2050.
La subvention de 400 000 à 500 000 euros consacrée au déficit de la Sambuy peut désormais être ajoutée au budget général d'investissement de la commune. Cette somme permettra de réaliser, année après année, des projets au service et pour le bien de tous les citoyens de Faverges Seythenex. Pour prendre un exemple concret, elle correspond au financement sur un an du Pump Track, plus le remplacement du mur d'escalade, plus la végétalisation de la cour de Seythenex.
De plus, la Sambuy est toujours un bel endroit fréquenté par des touristes et des locaux, l'été, l'hiver. Des évènements continuent de s'y dérouler. Des socioprofessionnels continuent de faire des projets et de souhaiter la reconduction de leur activité...